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vendredi 10 février 2017

De l'utilité des rapports annuels...

Je suis actuellement dans une phase pas toujours drôle mais néanmoins essentielle et parfois très enrichissante de mon travail : la phase de collecte, correction (et parfois co-rédaction), traduction en anglais des rapports annuels de nos projets missionnaires soutenus par un organisme missionnaire norvégien. Ces rapports sont avant tout, il faut bien le dire, des démarches administratives, donc quelque chose d'un peu ennuyeux.

Implantation d’Église à Créteil
Mais ils sont aussi l'occasion de voir des projets avancer, de pouvoir évaluer les fruits d'initiatives missionnaires qui avancent, parfois laborieusement, parfois joyeusement. Dans certains cas (quand les rapports ne sont pas assez détaillés, par exemple), ils sont l'occasion de discuter avec les acteurs de terrain, de les aider à prendre de la distance par rapport à leur action quotidienne pour faire un bilan d'étape et prendre conscience des bénédictions qu'ils ont reçues dans leur mission, des remises en question auxquelles ils sont confrontés, des fruits qui s'épanouissent sur leur chemin. 

Je découvre des prises de conscience, des choix qui reconfigurent des Églises locales ou régionales, des développements inattendus, des frilosités transformées en enthousiasme sous l'action de l'Esprit. Je découvre des personnes engagées, prêtes à reconnaitre leur limites, qui comptent sur Dieu pour les guider et les inspirer. Je découvre des jeunes valorisés, des passants accueillis, des groupes fraternels, des occasions de se réjouir, etc. 

Et alors, au delà d'un rapport d'activité, je vois l'Esprit souffler où il veut, des gens être relevés, des coeurs touchés, des fraternités se tisser, la Parole être menée aux paroles. Finalement, des documents administratifs se transforment en beaux témoignages. Et cela donne sens à cette tache un peu ingrate, je rends grâce pour toutes ses personnes engagées et pour ce qu'ils arrivent à réaliser avec l'aide de Dieu. Et mon travail se transforme peu à peu en louange...

Claire Sixt Gateuille

mercredi 16 décembre 2015

Cheminer - partie 4

Parmi la multitude de visions possibles pour notre Église, de portes possibles pour entrer dans le flot de la mission de Dieu, il nous faut faire un choix. Chaque niveau de la vie de l’Église fait des choix. Le Conseil œcuménique des Églises et la conférence des Églises européennes ont choisi de s’engager dans un pèlerinage de justice et de paix, avec de multiples entrées et de multiples thèmes, qui vont de l’aide d’urgence et du développement au dialogue œcuménique et aux conversations interreligieuses. L’Église protestante unie a choisi de renouveler son témoignage, d’avoir pour vision d’être « une Église de témoins ».

Notre vision, c’est ce à quoi nous sommes appelés, de là où nous en sommes dans notre cheminement. Il ne s’agit pas de se fixer des objectifs trop hauts qui nous décourageraient. Mais il s’agit de discerner les dons, les personnes, les forces que nous donne Dieu, aujourd’hui et maintenant, et de discerner ensemble ce que Dieu veut en faire. Les forces que nous donne ce Dieu dont la puissance s’accomplit dans la faiblesse ! Car dans notre cheminement, nous ne partons pas vierges et isolés. Dieu nous a donné au moins deux choses : d’abord nos communautés, nous et ceux qui nous entourent. Même si nous ne sommes plus que 10, même si nous sommes fatigués de porter une paroisse à bouts de bras, il y a là une valeur incroyable que Dieu peut exploiter… mais peut-être qu’il attend de nous que nous fassions autre chose…

Quelque chose que nous avons vraiment envie de faire, quelque chose qui nous donne de la joie et nous aide à devenir témoins de la joie de l’évangile, et pas « ce qu’il faut faire parce qu’on a toujours fait comme ça ». Peut-être qu’un groupe de 10 personnes qui se réunit dans le salon d’un de ses membres et qui offre du temps, de la convivialité et des gâteaux dans la rue ou dans une maison de quartier une fois par mois témoigne plus qu’un groupe de 10 personnes qui se bat pour empêcher son temple de s’effondrer… et peut-être que d’autres croyants qui ont fui la responsabilité trop lourde de porter une institution seraient ravis de témoigner de ce que Dieu change dans leur vie, si seulement on les aider à mettre des mots sur cette expérience si intime…

La deuxième chose que Dieu nous donne, c’est un contexte. On ne chemine jamais dans un lieu neutre et vide. Il y a tous ceux qui nous entourent, qui croisent notre route, qui parfois même la partagent, et que l’on ne prend pas toujours le temps d’écouter. Beaucoup d’entre eux ont soif de la source à laquelle nous nous abreuvons, mais on peur de s’y noyer ou d’entre rester captifs. Ils ont peur parce qu’ils ne savent pas. Avec eux aussi, peut se faire un cheminement, dans la rencontre, avec du temps, dans la proposition humble et le témoignage personnel et respectueux. Le contexte, c’est aussi la culture et la mentalité, le contexte médiatique, etc. Ce sont aussi des lieux pour témoigner qu’une autre vision du monde est possible, confiante malgré les attentats, qui espère au-delà de la peur, qui croit au-delà du doute et du marasme ambiant.

Nous le voyons, il y a de multiples visions possibles, mais il y a aussi les dons que nous avons, ici et maintenant, et les désirs que Dieu nous met au cœur, qui permettent de limiter ces possibles, de discerner une vision pour l'Église, chacun à son niveau.

Les personnes, les dons, le contexte, la vision : tout cela tient la communauté ensemble, l’aide à cheminer dans la même direction, nous aide à être une Eglise en marche. Mais la route n’est pas toujours droite, nous le savons dans nos vies, et le cheminement de Jésus dans les Evangiles nous le montre aussi. Aussi faut-il régulièrement reprendre la vision, corriger la direction, parce que les aléas de la vie ou le chemin nous font faire des détours, et parfois nous engager dans une fausse direction.

St Jacques... La mecque, film de Coline Serreau
Sur notre route, dans notre cheminement, il nous faut aussi parfois nous alléger de ce qui nous pèse inutilement, de ce que l’on se fatigue à porter, parce que cela nous rassure. Je ne sais pas si vous avez déjà vu le film « St Jacques-La Mecque », où un groupe part en pèlerinage sur le chemin de Compostelle. A la première montée, plusieurs d’entre eux se cachent dans les fourrés pour se débarrasser de produits de beauté et autres éléments qu’ils avaient mis dans leur sac, pensant que cela leur serait utile, mais qui se révèlent vite superflus face à la nécessité de voyager léger. En Église aussi, il est nécessaire de voyager léger. D’abord, c’est une question de survie, une nécessité biologique, si l’on veut arriver à continuer d’avancer ; ensuite, toute l’attention, toute la force que nous consacrons à nos affaires, nous ne la consacrons pas à ceux qui nous entourent ; enfin, cela est nécessaire pour arriver à aller loin sans s’épuiser.

Nous avons toujours la possibilité de nous passer de tel ou tel élément qui a été bien utile à un moment donné, mais qui ne l’est plus. Dans notre cheminement,  nous avons besoin régulièrement de voir ce qui nous est utile, ce qui nous fait avancer, et ce qui nous pèse, nous freine, nous détourne de notre vision. Si l’on est attentif, si les fruits de l’Esprit nous travaillent, on s’aperçoit vite que ce n’est jamais le frère ou la sœur qui nous ralentit, mais cela peut être quelque chose de trop lourd à porter, pour lui ou pour moi… Nous sommes appelés à "Aller", à rencontrer « les nations », c’est-à-dire à vivre l’interculturel, à témoigner, à baptiser, à faire des disciples, des gens qui se mettront eux-mêmes en marche… des gens qui à leur tour, marcheront à nos côtés, à la suite de celui qui est avec nous tous les jours jusqu’à l’accomplissement des temps.

Claire Sixt Gateuille

vendredi 7 novembre 2014

Transhumanisme, être et développement des potentialités

Suite à un vœu du synode national de Lyon en 2013, l’Église protestante unie de France a fait paraitre un dossier sur le sujet du transhumanisme dans sa revue Information-Evangélisation de mai 2014. Mais notre Église n’est pas la seule à se pencher sur la question. La Conférence des Églises européennes (KEK) a édité en 2012 une brochure de près de 300 pages (en anglais), intitulée Human Enhancement (amélioration de l’être humain en Français), sur le sujet, abordant différents points de vue : celui des institutions, celui de la science et de la médecine, celui de l’éthique et de la théologie.

Cet été, j’ai eu la chance d’assister au synode des Eglises vaudoise et méthodiste d'Italie, où le texte « Ragioni e limiti del potenziamento umano ; Riflessioni sul ruolo sociale delle biotecnologie » de la commission de bioéthique commune aux Églises vaudoise, méthodiste et baptiste, a été présenté (en français, Raisons et limites de l’amélioration humaine ; réflexion sur le rôle social des biotechnologies). Ce texte en trois parties commence par présenter les différentes dimensions vers lesquelles se développe cette « amélioration », du traitement des maladies aux capacités mémorielles en passant par l’aspect esthétique et l’allongement de la durée de vie. Il présente ensuite les débats éthiques, philosophiques et anthropologiques qu’elle soulève et finit par donner quelques pistes théologiques, spirituelles et éthiques.

Voici les grandes idées de la 3e partie, qui me semble bien résumer les enjeux :
- La question du potenziamento umano interroge la théologie et en particulier la vision de l’être humain (anthropologie) dans une perspective chrétienne. Elle ne peut pas se traiter une fois pour toute avec des grands principes mais nécessite une attention constante au contexte et des réponses toujours circonstanciées. Elle demande une vigilance critique de la part des Églises et une réflexion éthico-philosophique capable d’offrir des éléments de sens, des critères d’analyse au croyant confronté à ces questions.

- La principale problématique concernant cette question au regard du christianisme est la place de la finitude dans la conception de la vie (imperfection, maladie, mort). L’imperfection et la finitude sont des marques de l’être humain, mais aussi de toute réalité créée (la création). Il faut donc distinguer entre le désir légitime d’une amélioration des conditions de vie et la recherche questionnable d’un idéale de perfection humaine.

- Offrir un meilleur bien-être, promouvoir la vie et la santé sur terre est intéressant et louable et les Églises ne devraient pas en avoir peur. Promouvoir un être humain qui serait pleinement « accompli » donc parfait, c’est au contraire offrir un autre salut, un nouveau sens à l’existence humaine, et les Églises doivent dénoncer l’ambiguïté de ce genre d’attitude.

- La foi chrétienne est elle-même proposition d’une amélioration de la vie humaine, non pas par des moyens techniques mais comme offre de vie en plénitude (la « vie éternelle »).

- La Bible propose une vision unifiée de l’être humain, et non pas une vision fractionnée entre corps, âme et esprit ni en différentes parties du corps, différentes capacités ou différentes sphères de relations. La Bible interpelle donc le transhumanisme au même titre que tout autre « mode d’être dans le monde ».

- Pour le christianisme, ce qui « améliore » l’être humain (le terme italien de potenziamento évoque l’épanouissement du potentiel), c’est l’œuvre de l’Esprit Saint. Celui-ci donne « puissance » aux disciples (voir le livre des Actes). Mais ce don se fait dans une double perspective : d’abord l’Esprit saint ne favorise pas les privilégiés, mais les défavorisés ; ensuite, ce don vise au bien commun. Cela interroge la tendance des nouvelles technologies à favoriser toujours ceux qui peuvent se les offrir, accroissant ainsi les inégalités. Mais aussi les priorités fixées en matière d’allocation de ressources à la recherche. Les prophètes de l’ancien testament se levaient déjà contre une gestion contestable des ressources disponibles, les Églises doivent critiquer la tendance (du transhumanisme et des politiques de financement de la recherche en général) à avantager les privilégiés et à nier aux autres l’opportunité d’en bénéficier.

- La créativité humaine est une bénédiction, elle est le signe que l’être humain est créé à l’image de Dieu. Mais elle doit se rappeler qu’elle est « créativité créée » et non « créativité originelle ». Aussi doit-elle prendre en compte l’aspect de finitude inhérente à toute vie créée. La mission de la théologie est donc d’interroger de façon critique les idéologies qui traversent le transhumanisme et la recherche dans ces domaines pour dénoncer le glissement de l’homo faber à l’homo fabricatus et la prétention à passer de créature créative à créature toute-puissante (que l’on retrouve dans la problématique du péché) et ses effets néfastes pour l’humanité.

- La volonté de s’améliorer doit toujours s’articuler avec la volonté de prendre conscience de ses propres contradictions (le texte fait ici référence au philosophe Michaël Sandel). La bénédiction ne peut se recevoir que dans ce cadre, cette tension (que Luther exprime autrement par « à la fois juste et pécheur » ou Calvin avec son 3e usage de la loi qui n’existe qu’articulé aux deux premiers, NdB). Les règles sociales, le débat public, le droit sont là pour apporter cette contradiction à la volonté de puissance et au rappel de la contingence. L’Église a un rôle à jouer pour apporter cette contradiction.



Pour l’anecdote – mais pas seulement – il est intéressant de voir les termes que les différentes langues ont choisis : l’anglais, avec son Human Enhancement, affirme clairement une amélioration, une augmentation, une valeur ajoutée ; l’italien, avec son potenziamento umano, qui évoque le renforcement, le développement et/ou l’amélioration de l’humain, lui emboite le pas. Le français, avec le terme de « transhumanisme », est beaucoup plus circonspect, même si certains lui préfèrent l’expression « humanité augmentée », calquée sur l’anglais et qui insiste sur l'humanité !


Claire Sixt Gateuille

vendredi 27 juin 2014

"Ensemble vers la Vie" : cheminement

Plénière "Mission", AG COE 2013 à Busan (c) AS Guerrier
Qu'est-ce que la mission ? Suivant les personnes, les institutions, les perspectives, le mot "mission" désigne des réalités très différentes. Certains ont même choisi de le faire disparaitre au profit de mots plus passe-partout comme "inter-culturel", "développement" ou "culture religieuse". Il en est d'autres pour qui ce mot est central, essentiel, parce qu'il est le prisme à travers lequel ils pensent leur rapport au monde et leur engagement. Pour ceux-là, la mission est d'abord Missio Dei, mission de Dieu dans ce monde, et leur propre engagement dans la mission n'est que la goutte d'eau qui, unie à d'autres, forme le fleuve du dessein de Dieu dans ce monde. Pour eux, "penser global et agir local" signifie : penser le monde du point de vue de Dieu et agir en tant que chrétien à mon échelle.

Le texte "Ensemble vers la vie : mission et évangélisation dans des contextes en évolution" de la commission pour la mission et l'évangélisation du Conseil Œcuménique des Églises (COE) a été validé par le comité central du COE et étudié durant l'assemblée de Busan. Pour moi, ce texte est d'une totale et bienvenue étrangeté...

L'approche holistique : ça part dans tous les sens ?
Le premier dépaysement, pour mon esprit formé à la classification et aux définitions précises et cadrées, c'est son approche "holistique". Ma première impression de lecture a été celle d'un texte fourre-tout, mêlant dans un seul élan évangélisation et protection de l'environnement, eschatologie et socioéconomique, vie et rapport à l'argent, humilité et guérison, etc. dans un texte trop dense pour se soucier des articulations. Cette première impression a été grandement infirmée par une étude plus poussée du texte, même si l'impression de densité reste (les auteurs ont été obligés de raccourcir leur texte pour ne pas donner trop à lire aux délégués, mais n'ont pas voulu sacrifier une partie du contenu).

Voici le cheminement que j’ai retenu à la lecture de ce texte :
1. Aujourd'hui, on ne peut plus penser la mission de façon simpliste, les modèles missionnaires ont évolué pour prendre en compte la complexité du réel. De nouveaux défis s'ouvrent. La mondialisation et le réchauffement climatique en font partie. Si la mission est d'abord Missio Dei, mission de Dieu (la théologie classique parlait d'économie de Dieu, c'est à dire à la fois l'action de Dieu dans le monde et sa volonté de salut pour celui-ci), alors elle doit être comprise au sens large, dans toutes ses implications concrètes, matérielles, relationnelles et spirituelles.

Plénière mission, AG COE à Busan (c) AS Guerrier
2. Dieu agit dans le monde par l'Esprit Saint. Il nous faut articuler l’action du Saint-Esprit dans le monde et dans la rédemption, ne pas évacuer la dimension mystérieuse de son action dans le monde et ne pas penser que seuls les êtres humains ont vocation à être sauvés. Le critère pour discerner l’action de l’Esprit saint, et donc pour s’associer à la mission de Dieu est « l’affirmation de la vie dans sa plénitude et dans toutes ses dimensions ». Il ne faut jamais oublier que l’Esprit de Dieu est souvent subversif et qu’il nous appelle à être renouvelés ; nous mettre à son écoute suppose donc une spiritualité transformatrice.

3. Dieu est libérateur, notre participation à la mission doit donc prendre en compte la complexité des dynamiques de pouvoir, pour travailler en vue d’un monde où la plénitude de vie sera offerte à tous. Pour cela, nous sommes invités à ne plus penser la mission depuis les centres de pouvoir et détenteurs de moyens vers des bénéficiaires, mais à travailler au « renforcement des capacités » [empowerment] de ceux qui vivent à la marge (de la société, de l’Église, de la communauté) car ces personnes ont des dons et un potentiel sous-utilisés, ce qui est injuste. Il s’agit de passer d’une logique pyramidale à une logique de « table-ronde », une forme de réciprocité où chacun soit valorisé avec ses capacités, à tous les niveaux. Le texte appelle cela « la mission depuis la périphérie » (Mission from the margins en anglais). Soyons réalistes, ce changement interpelle y compris nos propres bureaucraties et logiques ecclésiales !

4. La communauté joue un rôle essentiel dans la mission : elle est le lieu où se vit de façon concrète l’unité, aussi elle doit être accueillante et respectueuse pour tous ; elle est un lieu de guérison, un lieu où la dignité de chacun sera affirmée, où retrouver son intégrité grâce aux relations avec Dieu, avec les autres et avec la création. De même que Dieu a choisi la kénose et l’incarnation, de même, toute mission doit être au service des personnes, et les actions missionnaires être respectueuses des cultures et des convictions. Cela est particulièrement vrai entre Eglises chrétiennes, car le respect des autres Eglises est une forme de témoignage commun. La dimension communautaire ne se vit donc pas seulement au niveau local, mais plus largement et plus œcuméniquement. La communauté est aussi un lieu de formation, un lieu où être renouvelés par l’Esprit de la mission, un lieu pour explorer de nouvelles formes de mission contextuelle (comme c’est le cas de « l’Eglise émergente », ces nouvelles formes d’Eglise qui fleurissent par exemple en Angleterre).

idem (c) AS Guerrier
5. l’évangélisation est l’affaire de toute l’Église, pas seulement de spécialistes. Elle repose sur le témoignage, la confiance, l’humilité et la formation. Il s’agit d’incarner l’Évangile, « d’articuler explicitement et délibérément l'Évangile », de rendre compte de l’espérance qui est en nous. Elle exclue le prosélytisme. L’évangélisation est ancrée dans la vie de l’Église dans ses différentes dimensions : cultuelle, témoignage, service et communion (leiturgia, marturia, diakonia, koinonia). Elle se joue autant par la présence que par les paroles ou les actes. Elle implique une logique de dépouillement, de renoncement à soi-même, une vulnérabilité. Et elle valorise l’autre, le reconnait comme un partenaire (et pas un « objet » de mission), intègre la liberté religieuse, la pluralité, le respect de la culture de la personne.

idem (c) AS Guerrier
6. Conclusion : La mission appelle à « la fête de la vie », comme dans les paraboles du Royaume de Dieu. La spiritualité est le « carburant » de la mission, l’Esprit appelle et permet la transformation vers plus de plénitude de vie. Toute la création est concernée par la volonté de Dieu et son « plan de salut ». Évangile est bonne nouvelle, ce qui suppose qu’il soit annoncé avec amour et humilité. Le dialogue et la coopération pour la vie font partie intégrante de la mission et de l’évangélisation. C’est Dieu qui anime l’Église dans la mission, qui lui permet d’être missionnaire.

Ce post est déjà bien assez long, Je vous partagerai mes questions sur ce texte sur le prochain. 

Claire Sixt Gateuille