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lundi 7 mars 2016

Un petit tour à Coblence

Le 29 février, je me suis rendue à Coblence, pour rencontrer des représentants de l’Église protestante en Rhénanie (EKiR) impliqués dans (ou intéressés par) les relations avec l'EPUdF. 

J'étais accompagnée par Anne Oberkampf, qui représentait le réseau des amis du Foyer le Pont, un réseau de personnes membres ou proches de notre Église qui sont intéressées par les relations franco-allemandes. Ce réseau, qui vient d'être créé, a pour but de susciter des contacts et des projets communs avec nos amis de l'EKiR. Ce réseau est rattaché, comme son nom l'indique, au Foyer le Pont, un centre de rencontres situé à Paris, porté par l'EPUdF, l'EKiR, une autre organisation allemande et l’Église protestante allemande à Paris (la Christuskirche). 

Cette rencontre a été chaleureuse et intéressante. Elle nous a permis de passer en revue les points du partenariat qui nous lie à l'EKiR et comporte 7 points de coopération : échange de bonnes pratiques en matière d'évangélisation et d'expression de la foi dans une société sécularisée, formation des pasteurs, travail commun sur les problématiques abordées dans les institutions œcuméniques internationales, sur les questions concernant la migration, échanges autour de la musique d'Eglise, autour de la communication et des médias, et enfin rencontres et échanges, en particulier en lien avec le Foyer le Pont.

Krichenkreise de Coblence, où se tenait la réunion
Dans les discussions, nous avons noté que, nos forces étant limitées, notre but n'était pas de multiplier les initiatives, mais de poursuivre ou relancer les coopérations qui existent déjà, en particulier quand des chantiers sont en cours dans nos Églises (projet musique et Grand Kiff de notre côté, par exemple). Côté allemand, plusieurs professeures de théologie étant impliquées, la demande est forte côté échanges académiques et formation continue (un stage franco-allemand est régulièrement proposé aux pasteurs). Les stages communs de formation continue étant prévus environ 3 ans à l'avance, et leur organisation étant commune avec d'autres (les Églises de Westphalie et de Lippe côté allemand, l'UEPAL côté français), il est important de bien anticiper si nous voulons présenter des thèmes pour des stages communs.

Cette rencontre a également été l'occasion de partager des nouvelles de nos Églises respectives. Côté EKiR, une restructuration est en cours, qui devrait entrainer des fusions entre des services différents. Une des motivations à ces fusions est la nécessité de faire des économies (le nombre de protestants inscrits, et donc payant l'impôt ecclésiastique, est en baisse), mais les personnes qui travaillent dans ces services espèrent aussi que cela permettra une meilleure collaboration, moins de mise en compétition des différents chantiers et la mise en place de chantiers transversaux (qui permettent de traiter plusieurs problématiques en même temps, par exemple théologique et œcuménique et interculturelle). 

Bref, cette rencontre a été fructueuse et fraternelle, avec des pistes intéressantes pour la suite. 

Claire Sixt Gateuille

vendredi 5 décembre 2014

En route vers 2017

2017 n'est pas seulement l'année où l’Église protestante unie devrait adopter sa nouvelle confession de foi et devenir encore plus une Église de témoins. C'est aussi les 500 ans de la Réforme : en 1517, Luther aurait affiché - il a en tous cas publié - ses 95 thèses sur la porte de l’Église de Wittemberg, lançant ainsi le mouvement qui se voulait réforme interne à l’Église et est devenu "la Réforme" avec l'apparition des Églises protestantes.

Densité des manifestations autour des 500 ans de la Réforme
Nous ne sommes pas les seuls à fêter 2017... Si l'on veut établir un schéma de la densité de manifestations autour de 2017, cela donne çà : des cercles concentriques de l'Allemagne au monde entier et du luthéranisme à l'inter-religieux. De nombreuses Églises se mobilisent, mais il est vrai que l’événement est surtout fêté en Europe. 

On peut dégager 3 axes principaux autour desquels s’orientent les manifestations, et selon les pays l’un ou l’autre axe seront privilégiés : 
- Histoire et patrimoine : quel apport de Luther et des luthériens dans la société hier et jusqu’à aujourd’hui ? 
- Actualisation : Quel message inspiré de Luther et de l’évangile pour aujourd’hui ? 
- Diaconie et social : quel salut incarné aujourd’hui ? De quelles libérations Dieu nous appelle-t-il à être ses agents ?

Quelques-uns des logos des festivités en 2017
Globalement, dans la plupart des Églises, on retrouve : 
- La production d’outils pédagogiques à destination des jeunes et des moins jeunes, 
- Un travail de recherche théologique, des séminaires, la traduction d’œuvres de Luther ou de « Du Conflit à la communion » (voir plus bas), 
- Des expositions, des performances artistiques, 
- Des activités jeunesses, 
- Des célébrations, œcuméniques et confessionnelles, et la production de matériel liturgique.   

Logo de l'assemblée de la FLM en 2017
La Fédération luthérienne mondiale travaille aussi à la préparation de 2017. Elle a adopté un thème valorisant le message du salut par grâce proclamé par Luther : « Libérés par la grâce de Dieu » et 3 sous-thèmes qui l’actualisent face aux grands défis contemporains : « Le salut – pas à vendre », « L’être humain – pas à vendre », « la création – pas à vendre ». Parmi les multiples initiatives mises en place à cette période, j’en retiens deux plus originales : un réseau des jeunes réformateurs qui a été lancé, permettant à 2 jeunes de chaque Eglise membre de la FLM de se rencontrer, parfois virtuellement, parfois physiquement, pour réfléchir ensemble à ce que signifie « être libérés par l’amour de Dieu pour changer le monde » entre 2014 et 2018 ; et une rencontre inter-religieuse sur les notions de réforme (dans un sens général) et de renouveau.

L’événement s’est aussi préparé en amont au niveau œcuménique, avec tout un processus de dialogue autour de la mémoire : les luthériens et les catholiques ont travaillé la lecture qu’ils faisaient de l’histoire de la Réforme, lecture marquée par leur appartenance confessionnelle, et ont fait un travail de réconciliation des mémoires et d’affirmation des avancées œcuméniques. Le résultat de ce travail est le texte « Du conflit à la communion » dont la version française vient de paraître aux éditions Olivétan. 

Pour finir, voici quelques initiatives qui m’ont paru originales, parmi celles dont j’ai eu écho (d’ici 3 ans, de nombreuses choses peuvent encore se faire) : 
Le Luthergarten à Wittemberg (500 arbres plantés d'ici 2017)
- Un opéra thématique (Danemark), 
- Une fête de l’ascension tournée autour de l’idée de la grâce et de sa place dans la culture et la théologie finlandaise, organisée dans chaque paroisse avec des animations en plein air (Finlande),
- L’installation d’une porte géante dans la plus grande Eglise du pays et l’affichage de thèses écrites par différents groupes des Eglises de tout le pays (Islande), 
- Une libraire numérique (Hongrie), 
- Des plantations d’arbres (Wittenberg, Indonésie), 
- Un site internet œcuménique où les gens peuvent partager leurs réactions à la lecture de « Du conflit à la communion » (Allemagne).

Claire Sixt Gateuille
 

lundi 20 octobre 2014

Familles, mission et jeunesse

Le parc de l'hôtel au couchant (c) CSG
Chaque jour un atelier chant (facultatif) se tient en début d’après-midi. Nous y apprenons des cantiques dans une grande variété de langues (parfois au sein d’un même chant), sur une multitude de rythmes. Je vais par exemple ramener dans nos valises un Alléluia malgache et une ballade uruguayenne invitant à servir notre prochain… mais plus globalement, les journées sont remplies de musique. Elle jaillit spontanément avec un chant en attendant le début d’une plénière, pour consoler quelqu’un ou pour la joie de communier dans la musique ; elle est omniprésente le soir dans le quartier qui nous entoure, parfois jusqu’à fort tard ; le vent dans les arbres qui entourent les bungalows de notre hôtel et les oiseaux nous en offre une autre le matin…
Vendredi 17, Nous avons passé la matinée à poursuivre notre réflexion sur le thème de l’AG, en plénière puis en ateliers. Nous avons débattu sur ce que nous voulions dire sur les familles, cherché une définition commune. Une des discussions de notre groupe a porté sur la question « le mariage est-il une institution divine ou une donnée anthropologique que Dieu bénit ? ». C’est là que l’on sent les différences de contexte. Je suis, en tant qu’européenne, méfiante sur l’idée d’institution divine, qui, il me semble, créerait une sorte « d’obligation de créer une famille ». A moins qu’on ne considère cette institution divine comme les catholiques considèrent la prêtrise : une institution divine mais associée à une vocation qui, elle, n’est pas pour tout le monde… Je préfère la donnée anthropologique associée à la bénédiction de Dieu. Mais je comprends que pour les africains, affirmer que la famille est une institution divine crée une forme d’obligation morale pour les membres d’une famille les uns envers les autres ; les pasteurs peuvent sur cette base rappeler aux fidèles leurs responsabilité (en particulier aux pères de familles tentés d’abandonner femme et enfants).
Carte du Sénégal affichée dans le temple de Mbour (c) CSG
L’après-midi, nous avons eu un débat un peu plus vif que d’habitude sur les programmes missionnaires. Jusqu’alors programmes présentés par les Eglises suivant leurs besoins pour être soutenus par la Cevaa, cette dernière souhaiterait désormais donner la priorité aux programmes qui feraient écho, au niveau national ou supranational aux actions communes ou priorités de la Cevaa. Certaines Eglises dont les préoccupations sont éloignées de l’action commune proposée cette année (travail commun des Eglises sur le thème « Familles, Evangile et cultures… ») ont exprimé leur réticence. Une reformulation de la proposition devrait être présentée en début de semaine prochaine pour indiquer la recommandation mais non l’obligation que les programmes missionnaires soient en lien avec l’action commune ou priorités de la Cevaa.

La chorale de l'Eglise luthérienne de Dakar (c) CSG
Nous avons fini la journée de travail avec une rencontre par régions, pour voir comment renforcer les liens entre les Eglises. Côté Europe, nous avons souhaité organiser une rencontre des personnes engagées ou liées à la Cevaa entre deux AG. La prochaine tournerait autour d’une préparation commune de 2017… Les thématiques de la jeunesse, des migrations et de l’Evangélisation en contexte européen sont apparues comme des préoccupations de nos Eglises. Je leur ai indiqué que ces thèmes avaient été aussi présentés comme axe de travail lors de l’AG de la Cepple, et qu’il serait donc bienvenu d’organiser une rencontre commune ou au moins de travailler en synergie avec celle-ci. J’espère que je serai entendue…
Le soir, chants, danses et défilé de costumes traditionnels nous ont été offerts par deux groupes de jeunes de Dakar. Et toute la climatisation n’a pas suffi à faire baisser l’ambiance surchauffée de la salle lorsque nous nous sommes tous mis à danser !
Roger Lasmothey, responsable jeunesse (c) CSG
La matinée de Samedi a été consacrée à la stratégie jeunesse, pour un premier bilan et tracer des perspectives. Nous avons mandaté le conseil pour poursuivre la mise en œuvre de cette stratégie qui, au moins sur le papier, est très intéressante. J’espère que Roger Lasmothey, actuel chargé de la jeunesse, pourra désormais la faire décoller, car elle a peiné à démarrer avant son arrivée…
Le slogan des jeunes qui présentaient la stratégie était : « Demain d’accord, mais aujourd’hui d’abord » ! Parmi les propositions faites, l’idée d’une sorte de « caravane des jeunes » comme il y a eu la caravane des femmes pour la paix a émergée.
L’après-midi, le temps libre m’a permis de me reposer, de finir le livre que j’avais glissé dans ma valise et que je n’arrivais pas à lâcher (the Fault in our Stars de John Green, traduit en français par Nos Etoiles contraires, pour ceux que ça intéresse) et commencer à préparer le travail du comité de rédaction du message dont je fais partie. Et de nager un peu.
Claire Sixt Gateuille

lundi 6 octobre 2014

Evangélisation, jeunesse et migrations : les défis de la CEPPLE



Les délégués à l'AG de la CEPPLE (c) CSG

Samedi 4 octobre 2014 s’est tenue à Malaga, Espagne, l’assemblée générale de la Conférence des Eglises protestantes des pays latins d’Europe (CEPPLE). Nourrie des partages qui avaient eu lieu lors du colloque qui l’avait précédée (voir les deux derniers billets), Celle-ci a été l’occasion de mesurer à quel point ce lieu de formation et de solidarité qu’est la CEPPLE est riche et nécessaire. Faire de la théologie à partir de notre expérience de terrain et s’interroger théologiquement sur nos pratiques en prenant de la distance par rapport à nos contextes particuliers, telle est la spécificité de l’approche de la CEPPLE.

L’Assemblée générale a abordé différents thèmes, de l’administratif (comme toute AG) aux perspectives d’avenir. Parmi les questions stratégiques, l’assemblée a ratifié le fait que la CEPPLE devienne la région sud de la Communion des Eglises protestantes en Europe (CEPE), même s’il est entendu que certaines de ses Eglises membres ne font pas partie de la CEPE (les baptistes, par exemple). Elle a aussi abordé les questions de communications et la problématique linguistique qui y est attachée dans un contexte comme le nôtre (la francophonie recule au profit de l’anglophonie dans les pays latins d’Europe).

Lors de la discussion sur les perspectives 2014-2018, plusieurs thèmes ont été abordés, mais cinq axes sont apparus comme communs, et reliés les uns aux autres par des questions transversales :
- La question de l’Evangélisation
- La question des migrations, à la fois dans les Eglises (multiculturalité de nos Eglises) mais aussi dans nos sociétés (dimension diaconale et politique)
- A cette question est liée la question de l’éthique et de l’herméneutique biblique
 -La question de la jeunesse
- La préparation de 2017, qui concerne toutes nos Eglises.

La porte de la Justice à Grenade (c) CSG
La veille de l’assemblée, après le colloque, nous sommes partis pour Grenade visiter une partie de l’Alhambra (les réservations tardives de certains délégués n’ont pas permis d’entrer dans les palais Nasrides) et le centre-ville. Alfredo Abad, secrétaire général de l’Eglise évangélique espagnole (IEE) et nouveau président de la CEPPLE, nous a parlé des différentes interprétations de l’histoire de la domination arabe et de la conquête chrétienne du pays. Certains parlent de « reconquista », considérant que la présence arabe n’était pas légitime, la présence catholique étant seule légitime ; c’est la lecture historique que pronait par exemple le régime franquiste. D’autres soulignent que « l’invasion arabe » est en fait due à une alliance politique dans la lutte d’influence que se livraient le Royaume d’Aragon et celui de Castille, et que la conquête de la péninsule ibérique par les rois catholiques a été une « conquista », le pouvoir musulman ayant apporté culture, maitrise technique et structuration de la société, sa présence était tout aussi légitime que le pouvoir qui lui a succédé.

Bref, cette pause culturelle et touristique a permis au groupe de souffler entre le colloque et l’AG et de se découvrir les uns et les autres de façon plus informelle, mais aussi de découvrir le pays et la réalité de ses Eglises.

Claire Sixt Gateuille

vendredi 25 avril 2014

De l'anecdote à la preuve



L’Église d’Angleterre (anglicane) a commandé à l’Institut d’études économiques et sociales de l’université d’Essex une étude, menée sur 18 mois et 1700 Églises locales, sur la croissance numérique des paroisses. Le but était de dégager les facteurs qui jouent sur la croissance ou le déclin numérique des Églises locales. Voici quelques pistes tirées du rapport que l’on peut trouver (en anglais) ici. 

L’introduction précise que l’Église cherche à croitre dans trois dimensions :
-          La sanctification, la transformation et l’engagement de ses membres (croissance en profondeur), au niveau individuel et communautaire
-          L’augmentation du nombre de disciples de Jésus-Christ (croissance numérique)
-          Les fruits de l’engagement des chrétiens en termes de justice sociale et de transformation de la société

L’étude commence par souligner qu’il n’y a pas de recette simple pour amener une communauté à la croissance. Mais elle détermine un certain nombre de facteurs qui jouent un rôle pour favoriser la croissance :
-          Un bon mode de direction d'Église (good leadership)
-          Avoir une mission et des objectifs clairs, donc un projet de vie
-          La volonté de se remettre en question, de changer, de s’adapter au contexte
-          L’implication des membres dans les activités et la direction de l’Église
-          Le choix assumé de faire de la croissance une priorité
-          Le choix assumé d’un style liturgique 
-          Le choix assumé de former des disciples (des gens qui s’engagent à suivre Jésus concrètement)

Bien sûr, le contexte de l’Église locale influe aussi ; globalement, la croissance est plus aisée dans les zones où l’on trouve des jeunes, les zones urbaines, les Églises accueillant des migrants.
Parmi les qualités du pasteur, on trouve : savoir motiver, avoir la capacité à élaborer une vision, savoir innover. Parmi les qualités de l’Église locale, on trouver le changement régulier des personnes en situation de responsabilité, l’élaboration d’une vision commune discernée et portée par la prière, les activités jeunesse (enfants et ados), l’ouverture vers ceux qui ne fréquentent pas l’Église, l’accueil et l’accompagnement des personnes de passage.

La deuxième partie de la synthèse présente, avec études de cas à l’appui, quatre profils de paroisse dans lesquels on peut trouver de la croissance :

  1. Paroisse classique. L’exemple étudié présente un village comprenant des familles, faisant partie d’un regroupement de paroisses desservi par un seul pasteur où un ministère centré sur cette communauté et sur les activités familles a amené une forte croissance. 
  2. Les nouvelles formes d’Églises. L’étude montre que dans les « fresh expressions of Church » en moyenne, pour 1 personne impliquée, 2,6 autres ont rejoint l’Église. Les 4 piliers de ces nouvelles formes sont la mission, l’ancrage contextuel, la formation à la vie de disciple et le caractère ecclésial. Il est à noter qu’après 3 ans d’existence, 66% d’entre elles continuent à croitre, 25% ont stabilisé leur nombre de membres, 9% ont une fréquentation très fluctuante et 10% ont disparu. La moitié d’entre elles sont dirigées par des laïcs et 40 % de façon bénévole. 
  3. Les implantations d’Église. il en existe différentes formes, qui partagent les même caractéristiques : l’importance de l’accueil, l’importance de l’implication des membres d’Église, la présence de petits groupes, l’engagement auprès des jeunes familles et le ministère de « guérison ». La reconnaissance et le soutien de leur diocèse est un élément important. 
  4. Les cathédrales et collégiales. c’est le lieu où l’on trouve la croissance la plus importante, surtout en termes de fréquentation. Leurs atouts sont l’accessibilité avec des lieux ouverts, attractifs pour les personnes en recherche (la première motivation mentionnée est l’atmosphère de paix et de contemplation), ainsi que la qualité des célébrations et le sens de la communauté fraternelle. Ces Églises ont également une dimension publique particulière. 


La dernière partie mentionne les éléments favorisant le déclin (à moins qu’ils n’en soient les signes) :
-          L’absence d’enfants dans l’Église et l’absence d’animation qui leur soit destinée
-          Les effets négatifs des regroupements de paroisse.
-          L’absence de travail pour discerner des vocations (ministères locaux et ordonnés).
-        Et de façon moins prononcée, les locaux inadaptés qui « sont un fardeau », les ministres qui ne savent pas déléguer, les membres qui refusent de s’impliquer dans la vie de l’Église, l’absence de choix stratégiques qui entraine une « stagnation ».

A chaque page du résumé de synthèse des résultats de l’étude, une phrase rythme chaque page : « Moi j’ai planté, Apollos a arrosé, mais c’est Dieu qui a fait pousser » (1 Co 3.6). Cette étude peut nous donner des pistes et nous éviter des pièges, à l’heure où l’Église protestante unie de France s’essaie à l’implantation d’Église.  

S’il y a une chose que je ressens à la lecture de cette étude, c’est le sentiment que notre Église cherche à « garder le contrôle » dans les projets d’évangélisation. Cela me semble logique en ces débuts hésitants. J’espère juste que nous ne pratiquons pas seulement le discernement en écartant des projets trop peu fidèles à notre conception de l’Évangile, mais que nous le pratiquons aussi en encourageant des gens qui auraient un potentiel, des idées ou le désir de trouver de nouvelles façons de partager l’évangile. Même si cela bouscule les cadres habituels…
 Claire Sixt Gateuille