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mercredi 10 janvier 2018

Quels ministères pour demain _ 2ème partie

Suite de ma réflexion sur les évolutions en matière de discernement et de formations des prêtres dans l’Église anglicane et les enseignements que l'on pourrait en tirer.

2.    Les Églises ont besoin de ministres travaillant en équipe
... et de savoir discerner leurs charismes

Une étude menée à grande échelle dans l’Église anglicane, « From Anecdote to Evidence », montrait que parmi les facteurs de croissance de l’Église, il y avait la capacité à travailler en équipe et la capacité à encourager et valoriser l’engagement dans l’Église et les ministères locaux. La capacité d’adaptation et l’ouverture au changement en était une autre. Au contraire, la tendance d’une paroisse à confier toutes les taches et toutes les responsabilités à son pasteur et/ou l’incapacité du pasteur à déléguer étaient des facteurs de déclin (j'ai déjà parlé ici de cette étude).

Une étude encore plus récente montre que les prêtres d’Églises en croissance avaient 4 « caractéristiques » particulières : ils sont plutôt extravertis, avec une facilité à aller vers les autres ; plutôt « radicaux » dans le sens d’être prêts à changer et à accompagner le changement ; plus confiants en eux-mêmes et moins déstabilisés par les défis à relever ; et surtout, plus « collectivistes », ayant la volonté de travailler en équipe et de valoriser les dons des membres de leur Église. C’est dire si ces dimensions de collégialité et d’encouragement sont essentielles. Cette étude évoquait aussi que les pasteurs qui n’avaient pas ces caractéristiques pouvaient travailler sur leur savoir-être et leur savoir-faire pour développer de nouvelles habitudes de travail plus proches de ces caractéristiques, par exemple dans le cadre de la formation continue. 

Par ailleurs, Ric Thorpe, aujourd’hui évêque d’Islington à Londres, a travaillé sur les charismes personnels et les lieux où les différents profils sont les plus adaptés. Il a ainsi analysé que la spontanéité, l’empathie, la polyvalence et la capacité à travailler avec la diversité sont des traits de personnalité plus adaptés aux petites paroisses. Par contre, l’exigence esthétique, la capacité visionnaire, la spécialisation et la capacité d’organisation, de délégation et de management, les profils plus hiérarchiques sont plus adaptés aux grandes paroisses.

Ces réflexions peuvent aider les conseils régionaux, et en particulier les présidents de régions, dans le processus de pourvoi des postes. Ils peuvent aussi nous faire réfléchir sur le type de vie(s) d’Église locale que nous voulons (par exemple dans les grandes villes, voulons-nous quelques grandes paroisses ou beaucoup de petites ?).

3.    Les Églises ont besoin de ministres encourageants
… et donc de communautés bienveillantes qui résistent au cléricalisme.

Face à la forte érosion à la foi de la pratique religieuse, l’Église anglicane, a développé l’idée d’une « économie mixte » : l’Église a besoin à la fois de formes traditionnelles d’Église et de formes innovantes, que l’on appelle des « fresh expressions » (FX). Ces FX ont pour but de parler à ceux qui n’ont pas une culture d’Église et leur permettre l’accès à une démarche de type ecclésiale sous des formes renouvelées. Les Fresh expressions sont en fait des communautés dont le fonctionnement communautaire est celui d'une ecclésiole, voire d'une Église locale, tout en gardant une structure institutionnelle rudimentaire, ce qui est rendu possible par la dépendance à une paroisse ou un diocèse existant auquel la FX est rattachée et qui l'accompagne et la soutient.

Dans ce cadre-là, les prêtres anglicans ne sont pas tous appelés à lancer des fresh expressions, mais ils sont tous appelés à encourager, susciter, accompagner ceux qui ont envie d’innover et de créer des fresh expressions. Il est intéressant de voir que ces fresh expressions sont menées majoritairement par des laïcs, dont à peu près la moitié sont bénévoles, l’autre moitié rémunérés pour ces expérimentation de nouvelles formes d’Église (dans des cafés, des écoles, avec des rythmes différents, etc.).

Là encore, une des qualités essentielles du prêtre est d'encourager et de valoriser ces ministères locaux différents, de les mettre en lien, d’assurer accompagnement et formation des personnes engagées, dans leur ministère particulier, et de tisser une vision commune de la mission de l’Église. Mais pour cela, il faut aussi une Église locale qui valorise l’engagement de chacun, les charismes, les ministères locaux, et dans laquelle on ne parte pas du principe que le pasteur peut/doit tout faire « parce qu’il est payé pour ça ».
Les créateurs de Fresh Expressions ou implanteurs d’Église sont également formés « en alternance », sans avoir forcément de projet de ministère personnel. Il y a un processus de discernement en trois temps pour les paroisses qui veulent se lancer dans l’économie mixte : une première formation d’une journée pour toute la paroisse, pour réfléchir ensemble sur la mission de l’Église. Ensuite, six soirées de formation initiale sont organisées pour ceux qui ont une idée, une envie de vivre l’Église autrement et veulent discerner si celle-ci est pertinente et s’ils sont prêts à la porter. Ensuite, une formation « continue » se poursuit pendant la mise en place du projet, à raison d’une rencontre par mois, de reprise, mise en perspective, analyse de la pratique, etc.
Ensuite, les années suivantes, les créateurs de fresh expressions se retrouvent en « cohorte », continuent de se rencontrer après leur année de formation et d’accompagnement au lancement de leur fresh expressions, pour être inscrits dans un réseau de prise de recul et d’analyse de sa pratique, un lieu aussi où l’on s’encourage dans la prière et la bienveillance, où l’on apprend de ses erreurs et de celles des autres, où l’on tâtonne et l’on expérimente ensemble.

10% de fresh expressions ont disparu au bout de 3 ans et 35% vivotent ou stagnent après un départ encourageant ; personne ne voit ces échecs ou ces demi-réussites comme des problèmes, plutôt comme des expérimentations qui n’ont pas abouti et des occasions d’apprendre. L’idée est que l’Église a besoin de différents charismes pour différents types de vie d’Église, et que le prêtre est le liant de la vie paroissiale, celui qui retrace toujours la perspective, la « vision ». Ce statut du prêtre comme liant est anglican (il met le prêtre au centre mais rejoint notre idée du ministère de pasteur comme ministère d’unité).

Et un animateur de fresh expression pourra très bien, après plusieurs années au service de la FX, se sentir appelé – encouragé par ceux qui le soutiennent dans son ministère – à évoluer vers un ministère ordonné… 

4.    Les Églises ont besoin de faire confiance en Dieu

Comme de nombreuses autres Églises-sœurs, l’Église anglicane insiste sur la prière pour que Dieu donne pour demain les ministres dont l’Église a besoin. Le (futur) pasteur n’est pas le seul qui doit avoir une vie de foi régulière. La prière est la mission de toute la communauté, et une vie de prière est essentielle pour entretenir la confiance et nourrir le regard bienveillant qui faciliteront l’émergence de nouvelles vocations, en particulier de vocations à profil atypique, innovant, plus créatif. La prière est essentielle pour entretenir la confiance en Dieu, renforcer la certitude que « Dieu pourvoit », qu’il a un projet pour notre Église et pour chacun de nos membres. La prière joue ainsi sur le discernement, sur l’appel à la vocation, sur la vision pour l’Église, sur l’accompagnement des communautés locales face au changement, etc.


Claire Sixt Gateuille

samedi 2 décembre 2017

Que peut-il sortir de bon de Nazareth ? (Partie 2)

"Que peut-il sortir de bon de Nazareth ?" On trouve cette phrase dans la bouche d'un futur disciple de Jésus ; ses préjugés ne l'ont pas empêché de suivre Jésus, ils n'ont tout simplement pas résisté à une rencontre en vérité...

L’Évangile, que notre lecture de la Bible laisse entrevoir, que les rencontres peuvent révéler, nous offre une dynamique entre loi et libération qui traverse la foi et qui peut nous porter dans la rencontre. D’un côté, la loi structure, cadre, offre une référence commune et donc rassure. D’un autre côté, la vie et la Bible sont traversées d’inattendu, d’attention au particulier, de libération, parfois de transgression. On ne peut pas simplement opposer la loi et l’Évangile, les deux tiennent ensemble. La foi est là à la fois pour nous rassurer et nous déranger. Dieu est un Dieu présent, qui se révèle là où on ne l'attend pas.

L’Évangile nous invite à sortir des murs de l’Église, non pour nous fondre dans le décor, mais pour la rencontre, pour y chercher les traces du Christ, pour écouter et témoigner de l’Évangile. Et souvent, Christ nous fait connaître son action dans la vie des autres, il nous révèle aussi parfois notre tendance à juger trop vite... le témoignage est essentiel, non pas pour convaincre, mais pour rencontrer en vérité, en écoutant le récit de vie de l'autre, en discernant les fils de l’Évangile dans la pâte humaine, l'appel de Dieu pour cette vie. Le respect est essentiel au témoignage.
Lors qu’avec l’équipe nationale de notre Église, nous avons visité des « Fresh expressions of Church » (de « nouvelles formes d’Église » en français) à Londres, une chose m’a marquée : le respect témoigné par tous les porteurs de projets. Respect des anciens, reconnus comme la mémoire de l’Église, comme des figures de la fidélité, comme ceux qui ont assuré la transmission, dont on valorise l’expérience, que l’on accompagne en favorisant les passerelles entre tradition et innovation ; respect des gens et du quartier tels qu’ils sont : on ne cherche pas à faire d’eux ce qu’ils ne sont pas, à les amener vers un « idéal » déterminé par d’autres ; respect enfin des porteurs de projets eux-mêmes : l’Église, et en particulier l’évêque anglican, les encourage, leur fait confiance, les invite à monter un projet selon leur don, leur sensibilité, en exploitant leurs goûts et leur charisme personnels. Cette Église est passée une culture du contrôle à une culture de l’encouragement. Il me semble que cela pourrait être aussi un sens du mot d’ordre de notre Église « Choisir la confiance ».

Notre Dieu est un Dieu qui fait revivre ce qui était mort et ouvre des tombeaux dont nous pensions que les portes étaient closes. Il a choisi de venir s’incarner dans la pâte humaine. Jésus est mort pour avoir voulu dépasser les codes lorsque ceux-ci devenaient des verrous. Sa venue au monde et sa résurrection offrent une espérance qui nous permet de choisir la confiance, nous ouvre à la rencontre et nous permet d’oser, d’essayer. Parce qu’il nous accepte et nous reconnait tel que nous sommes, parce qu’il nous donne des sœurs et des frères pour révéler nos dons, nous pouvons accepter et reconnaitre l’autre, quel qu’il soit. Nous pouvons nous tenir à ses côtés, et parler de l’Évangile qui nous fait vivre et de la joie qu'il nous donne. Bref, être un rayon de soleil dans notre monde qui semble parfois bien sombre... 

Nous pouvons espérer et tenir dans l’hiver des cœurs gelés que semble souvent être notre société, en préparant les graines de fraternités pour qu’elles puissent éclore au printemps.

Claire Sixt Gateuille

Ce billet et le précédent ont été publié en un seul article dans le journal de l’Église protestante unie de Montpellier en décembre 2016. J'ai modifié ici trois tournures de phrases.

jeudi 11 juin 2015

Comment être missionnaires de façon pertinente dans les zones rurales ?



J’adapte ici en français la majeure partie d’un article de Pete Atkins, responsable d’un centre de formation des « Fresh expressions », posté sur leur site le 20 avril 2015. Il identifie dans cet article quelques principes importants pour l’action missionnaire de l’Eglise en milieu rural. Le terme traduit ici par "en mission" à chaque début de paragraphe est le terme "missionnal", un néologisme formé sur l’idée que l’Église n’est pas seulement missionnaire dans les actions qu’elle mène mais dans sa façon d'être, et même dans sa raison d'être : elle est un outil de la mission de Dieu. Vous pouvez trouver l'original de cet article ici.

Pete Atkins
« (…) Après plusieurs années de travail passées à favoriser l’engagement missionnaire dans les zones rurales du Lincolnshire (…), mon expérience m’a poussé à m’intéresser au type de culture ecclésiale qui permet de susciter des vocations missionnaires en milieu rural, à leur formation et leur déploiement sur le terrain. Ma problématique est la suivante : quelle culture d’Eglise, au niveau local, amène des individus à se découvrir une vocation missionnaire et à la mettre en œuvre dans le cadre même de leur village ?

Voici les éléments que j’ai découverts :
1.      Une Église en mission en milieu rural est une Église qui célèbre Dieu dans tous les aspects de la vie, et pas seulement quand elle est rassemblée ; une Église qui place au cœur de sa vie communautaire – en tant que corps du Christ – et de la vie de chacun de ses membres la relation d’amour avec Dieu. Cette relation est vivante, directe, immanente, engagée, vécue dans la reconnaissance, le dévouement et le don de soi. Une telle Église accorde une grande valeur à la prière et valorise la présence de Dieu dans tous les aspects de la vie.

2.      Une Église en mission en milieu rural est une Église qui se pense comme participant à la mission de Dieu, une Église qui a développé une compréhension partagée de sa place dans cette mission, une Église qui cherche à susciter et discerner des vocations individuelles pour l’activité missionnaire. Pour cela, elle comprend que tous les chrétiens ont un ministère, celui de prendre part à la Missio Dei, et elle est attend de Dieu qu’il la guide dans sa mission au niveau local, concret. Une telle Église met encore une fois l’accent sur la prière, le discernement. Elle se donne pour mission d’aider chacune et chacun à développer sa capacité à suivre l’inspiration du Saint-Esprit et à discerner là où il est à l’œuvre. Sa théologie reflète ces convictions et sa pratique suscite des témoignages mettant en avant cette compréhension de l’Église.

3.      Une Église en mission en milieu rural est une Eglise qui a compris que, comme dans les Evangiles, la meilleure façon de « croître » en tant que disciple est de faire partie d’un petit groupe dont la préoccupation première est la mission de Jésus, un groupe qui se confie en lui pour être guidé et « formé » par l’esprit-saint. Toute personne qui cherche à développer sa condition de disciple du Christ en communauté – dans la foi, le travail en équipe, l’abandon au Christ et avec le courage nécessaires – s’oriente vers une croissance accélérée !

(c) CSG
4.      Une Église en mission en milieu rural est une Église où l’on trouve encouragement, soutien mutuel, motivation, prière et ressourcement à forte dose ; à ceux qui suivent l’appel de Dieu à participer à sa mission dans leur contexte, l’Eglise doit fournir des lieux adaptés, qui soient proches soit géographiquement, soit au sein d’un réseau ; des occasions et des lieux pour que les personnes engagées rendent compte de ce qu’elles font, des lieux qui offrent à la fois échanges d’expérience, analyse des pratiques et parcours de formation créatifs et innovants pour former des disciples et des communautés entières. Une telle Eglise forme également des communautés ecclésiales où l’on s’aime et on se soutient naturellement les uns les autres, avec le sentiment d’être une famille, d’y être « chez soi », pour ceux qui sont disséminés sur leurs lieux de mission. Pour que les personnes engagées
se sentent bien dans leur mission, se sentent soutenues, malgré leur isolement ou leur petit nombre, il est vital qu’elles se sentent en lien avec un « corps », un réseau plus large que le petit noyau local.

5.      Une Église en mission en milieu rural est une Église où l’on donne priorité à l’avènement du Royaume de Dieu, au point de remettre en cause les barrières confessionnelles artificielles ou partisanes – sans remettre en cause les loyautés confessionnelles justifiées. Cette attitude doit être basée sur un attachement profond à l’Église comme un tout au-delà de ses formes, Église traditionnelle et contemporaine, établie et “fresh” ; sur un désir pour elle de bien servir – et de servir ensemble – Dieu et les gens de nos villages. Une telle Église aura à cœur de permettre la rencontre et le travail commun avec les chrétiens et les Églises in situ, de leur permettre de s’engager et de participer au projet local, mais offrira aussi des espaces de prise de recul pour penser l’innovation et évaluer la pratique.

6.      Une Église en mission en milieu rural est une Église qui a conscience de la créativité de Dieu et se laisse façonner par elle ; une Église ouverte aux différentes formes possibles de nouvelles communautés chrétiennes, qui travaille l’articulation et la complémentarité entre nouvelles formes et formes instituées de l’Église. Une telle Église se place dans la suivance du Christ, a conscience qu’elle est en marche, en mouvement à la suite de Jésus, et encourage ses membres à vivre cette instabilité féconde, cette formation « sur le tas » en tant que disciple. Une telle Église est convaincue du fait qu’il est toujours avec nous (Mt 28.20) et adapte sa vie en fonction de cette conviction. »

Extrait d'un article de Pete Atkins,
traduction Claire Sixt Gateuille


mercredi 3 juin 2015

Implantations d’Eglises, de la théorie à la pratique

arrivée sur les quais de Canary Wharf (c) CSG
Lundi après-midi, nous avons visité à Londres la Péniche St Pierre, implantée dans le quartier bancaire de Canary Wharf, qui dessert deux publics très différents : les employés des bureaux en semaine, pour des actions d’évangélisation, de ressourcement et de soutien au témoignage de ces personnes, pendant la pause de midi ; et les habitants du quartier, en pleine expansion, qui viennent le soir et le week-end pour des activités d’Eglise plus classiques, et en particulier à destination des mères avec de jeunes enfants, de l’autre.

Ensuite nous sommes allés à St Paul Shadwell rencontrer un jeune pasteur implanteur, qui a créé depuis un an, dans une Eglise en perte de vitesse à la culture très anglo-catholique, un nouveau type de culte le dimanche l’après-midi pour un public différent de celui du dimanche matin et des groupes de maison. Les deux « groupes » veillent à se rencontrer régulièrement et mais le ciment qui les lie est le travail social qu’ils mènent en commun. Un petit groupe venu d’une autre Eglise s’est engagé pour un an renouvelable à porter ce projet avec ses deux pasteurs. Le processus est en cours, le projet est assez souple pour s’adapter aux échecs (la cible des étudiants a été ratée cette année) et aux opportunités qui s’ouvrent (très bonne réponse aux cours alpha, qui s’adressent plutôt aux distancés de l’Eglise qu’à ceux qui ne les ont jamais fréquentées, alors que ce n'était pas le public visé de départ).

Nous avons fini la journée d’étude avec Ric Thorpe qui nous a présenté l’expérience de sa paroisse, St Paul Shadwell et surtout son travail pour faciliter les implantations d’Eglise, en particulier la dimension de « formation de formateurs », pour que les pasteurs apprennent à former des ministères locaux discernés en paroisse. Le plus dur, selon lui, est le moment où l’on doit lâcher prise, pour laisser faire les autres, même si dans un premier temps se sera moins bien fait que si l'on faisait nous-même.
"Prospect of Whitby" fondé en 1521 (c) CSG

Nous avons fini la soirée avec une bière et, au choix, un fish and chips ou une pie dans un pub, au bord de la tamise. La discussion de reprise de la journée a été passionnante et m’a encore une fois fait mesurer la chance que j’ai de faire partie de cette équipe (non seulement chacun des membres est doué dans son domaine et humainement, mais notre esprit d’équipe fait que nous sommes vraiment plus que la somme de nos individualités, et j'ose croire que le Saint-Esprit y est pour quelque chose).

Nous avons pointé 3 éléments-clés qui différencient le contexte anglais du nôtre : la taille de l’Église, le système épiscopal et la culture anglaise de présence des religions dans l’espace public. Ces trois éléments seront à prendre en compte si nous voulons adapter la logique de fresh expressions et d’implantations d’Églises en France.

Et une chose qui a été unanimement appréciée et que j’avais déjà remarqué avant lors de rencontres œcuméniques : la capacité des anglicans, en tout cas en Angleterre, à valoriser la tradition tout en en faisant quelque chose de toujours vivant. Ici, nous avons été marqués par le choix de construire à partir de l’existant d’une paroisse, sans vouloir faire table rase du passé, en commençant par faire raconter par ceux qui sont restés fidèles pourquoi ils sont là et l’histoire de leur paroisse, tout en se donnant une totale liberté de faire quelque chose de totalement nouveau à côté, mais en dialogue, dans un objectif d’enrichissement mutuel des deux logiques.

Bref, une vraie source d’inspiration, et la conscience que ce n'est que le début du chantier pour nous…
Claire Sixt Gateuille

mardi 2 juin 2015

Comment forme-t-on un planteur d’Eglises ? et pour faire quoi ?

(c) CSG
Ce matin, notre équipe nationale est partie à Londres découvrir des fresh expressions et des implantations d’Eglise mises en œuvre dans l’Eglise anglicane, dont certaines sont menées en partenariat avec la paroisse de Holy Trinity Brompton, connue en France pour avoir développé les cours Alpha.

Ce voyage a un petit côté voyage scolaire, mais je suis pleine de reconnaissance de le vivre, pour trois raisons principales :
- La première, c’est que ce temps mis à part renforce la cohésion de notre équipe. Nous sommes déjà très complémentaires, soudés et avons vraiment le sentiment d’être au service d’un même projet. Vivre cette expérience ensemble renforce encore notre unité et notre « vision » commune.
- La deuxième, c’est que prendre du recul – ici littéralement, puisque nous sommes à l’étranger, en dehors du lieu où nous sommes en responsabilité – ait toujours bienfaisant, et le faire en équipe nous donne un lieu d’analyse de notre pratique collective, nous aide à développer notre créativité, notre inventivité et notre intelligence collective.
- La troisième, c’est que toutes ces expériences que nous visitons sont de réelles sources d’inspiration dans notre volonté d’aider notre Eglise à devenir une Eglise de témoins. En termes de formation, de ministères, d’expérimentation, de structures, etc., nous apprenons beaucoup de choses, et même si nous ne pouvons pas simplement transposer ce que nous voyons là, nous sommes encouragés et inspirés par ce que nous découvrons.
Temps de culte à St Mellitus college (c) CSG

Nous sommes donc allés ce matin à St Mellitus College, lieu de formation de candidats au ministère ordonné, mais aussi d’animateurs jeunesse paroissiaux professionnels et d’autres étudiants en théologie. Ce lieu propose une formation en alternance sur 2 ou 3 ans, avec une pratique ecclésiale, souvent sur une implantation d’Eglise ou le développement d’une nouvelle forme d’Eglise à mi-temps et un mi-temps de formation théologique sous forme de cours académiques et de devoirs à rédiger. La formation est clairement orientée vers la théologie pratique, c’est-à-dire l’analyse théologique de la pratique du ministère et sa mise en perspective.
Ce lieu de formation, fondé à la suite du rapport « Mission Shaped Church » pour mettre en pratique, dès la formation des prêtres anglicans, les orientations proposées par ce rapport, est dirigé par Graham Tomlin. En 8 ans, il est devenu le lieu qui forme le plus de candidats au ministère en Angleterre, preuve que ce type de formule – en alternance – répond à une attente forte de la part des candidats au ministère. Une phrase de Graham m’a marquée « la principale chose qu’il nous faut faire passer pendant la formation, c’est l’espérance, pour l’Eglise, pour la foi et pour le monde ».

L'équipe nationale (avec moi qui prend la photo) à Canary Wharf
Nous avons ensuite rencontré Debbie Clinton, qui est responsable du projet « Capital vision 2020 », qui fixe des objectifs quantifiables de croissance pour le diocèse de Londres. Ce projet est venu des attentes exprimées par les paroisses elles-mêmes, il s’articule autour de trois axes : la confiance (redonner confiance, être plus assurés pour témoigner), la compassion (être présents auprès des gens dans leur vie) et la créativité (renforcement de la jeunesse, implantation d’Église, développement de la présence dans le domaine des loisirs). Des outils pratiques ont été créés pour aider les paroisses à s’approprier un ou plusieurs des 10 objectifs du projet et à s’impliquer dedans. L’idée est aussi d’aider les paroisses à changer leur logique, leur mode de pensée, de s’ouvrir à la nouveauté de Dieu.

Cette première partie de notre séjour a été importante pour poser le cadre et expliquer la dynamique qui entourent les projets d’implantation et de fresh expressions. Ce ne sont pas des initiatives isolées, même si elles sont portées localement, mais des éléments d’une vision globale de l’Église et de sa participation à la mission de Dieu.

Claire Sixt Gateuille

samedi 24 janvier 2015

Du rôle des pasteurs auprès des nouvelles formes d’Eglise


Le site des Fresh expressions propose régulièrement des articles ou des témoignages, dont certains donnent des conseils très pratiques et d’autres présentent ou analysent des expériences. Dernièrement, j’ai lu cet article de Michael Moynagh, sur le rôle des pasteurs « classiques » pour soutenir les nouvelles formes d’Eglise, que j’ai trouvé très inspirant. Je vous le traduis donc (faites-le lire à votre pasteur !). Pour rappeler, les  “pionniers” sont ceux qui lancent de nouvelles formes d’Eglise ; ils peuvent être laïcs ou pasteurs, bénévoles ou payés.

« Reformuler le rôle du Pasteur
Vous vous sentez appelé au ministère pastoral mais pas à lancer de nouvelles formes d’Église ? Dans ce cas, vos qualités de pasteur pourraient bien être exactement ce dont les nouvelles formes d’Église ont besoin.
Vous n’êtes probablement pas la bonne personne pour implanter de nouvelles communautés chrétiennes dans le quotidien d’une paroisse. Tout simplement parce que vous ne partagez pas le quotidien de tous vos paroissiens.

Mais vous pouvez soutenir les membres de votre Église pour qu’ils le fassent eux-mêmes. Vous pouvez leur offrir un espace de réflexion, les encourager, les aider à approfondir ou clarifier leur projet, les rendre vigilants ; et les défendre, en particulier auprès de ceux qui, dans l’Église locale, ne comprennent pas leur démarche.

Les “pionniers” se sentent souvent vulnérables. Tenter quelque chose de nouveau, c’est risquer l’échec, et cela peut rendre anxieux. Avoir “une longueur d’avance”, c’est risquer de se sentir incompris ou peu apprécié. Ce dont ces pionniers ont besoin, c’est d’un(e) pasteur qui les comprenne, les accompagne dans les hauts et les bas et leur offre une oreille attentive.

C’est souvent un cheminement en quête d’identité qui amène quelqu’un à devenir pionnier. L’insatisfaction qu’il ressent vis-à-vis de l’Église existante peut devenir, sous l’action de Dieu, appel et chemin de foi, tel Abraham. Alors qu’il prend de la distance, psychologiquement, avec l’Église à laquelle il est habitué (il réalise qu’ “il est possible d’être l’Église de manière différente”), l’Esprit le fait cheminer vers une nouvelle vision de lui-même.
De simple membre d’une paroisse existante, il évolue jusqu’à se voir comme fondateur d’une nouvelle communauté. Il peut commencer à s’identifier à d’autres personnes qui initient de nouvelles formes d’Eglise. Ce faisant, il s’éloigne de l’Eglise existante.

Paradoxalement, beaucoup d’entre eux aspirent à l’approbation de l’Eglise dont ils se détachent. Ils cherchent à être assurés que ce qu’ils font est convenable et qu’ils ne seront pas rejetés.
C’est là que les “bons” pasteurs interviennent. Ils peuvent utiliser leurs talents pastoraux pour comprendre les hésitations et les tensions que ce parcours en quête d’identité implique et offrir un soutien bien utile. Dit autrement, vous n’avez pas à être un pionnier vous-même. Vous pouvez être le pasteur des pionniers. Votre attention et votre soutien peuvent libérer ceux qui, dans votre paroisse, se sentent appelés à démarrer une nouvelle forme d’Eglise.

Pourriez-vous aller plus loin ? Pourriez-vous vous proposer comme pasteur d’une de ces nouvelles communautés ? Pourriez-vous devenir personne de référence pour ceux qui ont besoin d’un accompagnement pastoral ? Pourriez-vous leur rendre visite de temps en temps pour mieux les connaître et accompagner certains de leurs membres ?
Pour encourager les nouvelles formes d’Eglise (fresh expressions), vous n’avez pas besoin d’avoir des talents d’agent de changement, ni de meneur d’Hommes, ni d’être un pionnier expérimenté. Tout ce dont vous avez besoin, c’est de savoir encourager les autres à se lancer, leur demander avec tact de rendre compte de ce qu’ils font, et les laisser élaborer leurs propres réponses. »

Trouver ici l’article original en anglais : ici

Traduction : Claire Sixt Gateuille

jeudi 18 décembre 2014

Un monastère éphémère


Croix à Busan (c) Dina Rajohns
Le "patrimoine monastique" comme source d'inspiration 
La spiritualité monastique recèle des trésors qui peuvent encore parler à nos contemporains. J'en veux pour preuve le développement d'activités qui s'appuient sur des traditions spirituelles nées dans des monastères (exercices ignaciens, lectio divina, contemplation ou adoration, prière des heures, etc.) ou même des lieux de vie communautaire (comme le séminaire de Finkenwalde que Bonhoeffer a dirigé et dont l'expérience lui a inspiré le livre De la Vie communautaire).

Je vois poindre deux types de nouvelles pratiques, liées aux deux types de monachisme : 
- le monachisme érémitique, qui met en avant le retrait pour se consacrer à Dieu, inspire plutôt le phénomène des retraites spirituelles, aujourd'hui en plein essor. On peut d'ailleurs noter que les retraites spirituelles aujourd'hui sont loin d'être toutes organisées par les Églises ou les ordres monastiques institués.
- le monachisme cénobite, qui met en avant la vie communautaire sous le regard de Dieu, inspire plutôt le phénomène de formations de petits groupes qui se retrouvent régulièrement pour se soutenir dans la prière, l'écoute réciproque et le partage sur le quotidien, l'encouragement mutuel à être fidèles à Dieu (selon une vision de cette fidélité qui est à la base de la formation du groupe). On peut trouver là des groupes de maison, des communautés nouvelles, des fresh expressions of Church... et des groupes plus informels qui ne sont soutenus par aucune institution.

La spiritualité comme "épaisseur de la vie"
Comment marier aujourd'hui rythme de vie trépidant (en particulier quand on a des enfants), profession épanouissante mais chronophage et besoin d'une spiritualité profonde et nourrissante ? 
On ne veut plus aujourd'hui choisir entre vivre sa foi pleinement et vivre dans le monde. Entre autres car le centre de nos préoccupations s'est déplacé de la vie éternelle vue comme l'au-delà à la vie en plénitude, offerte dès aujourd'hui, dans laquelle la foi donne sens, profondeur, densité, "épaisseur" à nos vies. 

La communion avec Jésus-Christ ne se vit plus (ou rarement) sur le mode de la souffrance ici pour avoir la plénitude après (comme Jésus-Christ, fils du Dieu incarné, a vécu son chemin de croix sur la terre avant de connaître la gloire dans le ciel, selon cette logique) ni sur le mode de la "performance spirituelle" qui essaierait de nous détacher des réalités du monde, soit par la privation (ascétisme) soit par l'élévation dans une connaissance supérieure (gnostique). 

Elle se vit plutôt sur le mode d'une "résistance à la réalité" où la foi affirme la présence continue du Christ à nos côtés malgré son absence apparente ; cette présence est manifestée de façon très diverse suivant les traditions spirituelles ou confessionnelles (par du ressenti ou par l'engagement des chrétiens dans le monde, sous forme d'émotion, de rite(s), de paroles qui changent notre regard sur le monde, de gestes prophétiques, d'attitudes ou "fruits de l'esprit", etc.). Cette résistance à la réalité, qui risque de s'émousser face à l'expérience du quotidien, a besoin d'être entretenue, soit par temps forts, soit par petites touches.

De l'ermite au retraitant  
Alors, comment marier vie dans le monde et spiritualité profonde ? La première réponse, la plus répandue chez les jeunes, est la suivante : en prenant du temps pour soi, non pas un petit peu chaque jour mais à haute dose, de façon concentrée dans le temps, lors de voyages ou de séjours dans des lieux retirés et/ou pour des temps mis à part (déserts, monastères, rencontres de fraternité spirituelle ou temps forts chrétiens) entre 1 et 6 fois par an. Une occasion aussi parfois de faire le point sur sa vie, tout en se ressourçant. Retrouver du sens, du souffle et éventuellement se poser la question : est-ce que ce que je vis est vraiment ce à quoi je suis appelé(e), suis-je sur la bonne voie ? C'est pourquoi, il me semble, le phénomène des retraites spirituelles se développe depuis une trentaine d'années. 

En passant, je voudrais vous parler d'une belle initiative du Forum œcuménique des femmes chrétiennes européennes. Elles organisent cet été pour la deuxième fois, du 8 au 21 aout, à Hanovre, un "monastère éphémère" pour des femmes de toutes générations et de toutes origines. Un temps de retraite qui comprendra des temps de cheminement (pilgrimage), de cuisine, de travaux manuels, de jardinage, des ateliers, de la musique, des temps de silence, des temps de prière... Bref, un temps à vivre (sur 1 ou 2 semaines, au choix) de façon œcuménique et multiculturelle.
Pour plus d'information : http://popupmonastery.com/

Du monastère à l’Église de maison
(c) Joanna Linden-Montes pour le COE
La deuxième réponse, c'est au contraire de laisser plus de place à Dieu dans le quotidien, et de le faire de façon communautaire pour ne pas se laisser décourager. Cela passe comme je l'ai déjà dit par des groupes plus ou moins formels. Certains sont juste des "groupes de prière améliorés", des groupes de maison tournés vers l'édification ou des groupes de copains qui veulent s'aider mutuellement à rester fidèles à l'engagement qu'ils ont pris de vivre en chrétiens.

Les plus durables sont ceux qui élaborent explicitement une vision du mode de vie vers lequel ils veulent tendre, de la spiritualité sur laquelle ils s'appuient, de l'appel qu'ils ont collectivement reçu de Dieu. Certains établissent une règle, d'autres fixent un ensemble de pratiques ou listent des valeurs qu'ils veulent mettre en pratique. Cet engagement commun sert de gouvernail au groupe et donne la direction. D'autres s'engagent simplement sur un rythme de rencontres.
Certaines Fresh expressions se réfèrent à l'idée de nouveau monachisme (new monasticism), voir le témoignage (en anglais) de Marc Berry ou les différents exemples proposés par le site des Fresh expressions.

Il existe bien sûr des solutions qui mixent ces deux solutions, comme les fraternités appelant à une pratique spirituelle régulière (souvent individuelle) nourrie de rencontres communautaires régulières et de retraites (la Fraternité des veilleurs en est un exemple). Il existe aussi des communautés de vie, reconnues ou non par les institutions ecclésiales, mais celles-ci feront l'objet d'un autre billet...

Claire Sixt Gateuille

vendredi 28 novembre 2014

Projet Khi

Hier, Andy Buckler, mon collègue chargé de l'évangélisation et de la formation a réuni quelques personnes autour de lui, dont moi, pour présenter des outils développés par une petite équipe de l’Église suisse du canton de Vaud autour de l'évangélisation et des nouvelles formes d’Église, dans le cadre du Projet Khi.

Il nous a en particulier présenté deux outils complémentaires, l'un pour découvrir son positionnement individuel (selon si j'ai une attente plus ou moins forte de communautaire, plus ou moins forte de spirituel, plus ou moins forte d'entre-soi, plus ou moins forte d'ouverture...) et l'autre pour identifier les points forts et les marges de progression de l'Eglise locale. 

Le premier outil s'appuie sur les travaux de la sociologue Grace Davie en matière d'attentes religieuses, mais surtout sur les 4 modèles d'évangélisation que Christian Grappe a dégagés de sa lecture du Nouveau Testament. Il nous a semblé surtout intéressant à utiliser avec un conseil presbytéral, en deux temps, l'un plus individuel et l'autre collectif. Il permet en effet aux personnes de commencer à prendre conscience de leur positionnement individuel (pas seulement le fait d'être "dans"l’Église, mais aussi ce qui les motive dans leur participation à l’Église), et donc du modèle missionnaire qui leur parle le plus. On peut ensuite lancer la discussion par rapport aux forces vives qui sont là : les membres du conseil ont-elles toutes le même type de profil ? On pourra avoir alors une paroisse avec une identité assumée, un profil affirmé, en particulier dans les grandes villes où l'offre ecclésiale est plurielle. Les membres du conseil ont-ils des positionnements très différents ? Alors comment exploiter la richesse de cette diversité ? Peut-on proposer des activités différentes, menées par les personnes qui se sentent bien dans tel ou tel positionnement, pour toucher autour d'elles des personnes qui auraient le même type d'attente ?

Le deuxième outil a été développé à partir des 8 facteurs de croissance de l’Église identifiés dans le rapport "From Anecdote to Evidence" sur la croissance de l’Église, mené dans le cadre de l’Église d'Angleterre. C'est un jeu de cartes à destination des Églises, qui permet d'interroger sur parmi les domaines de la vie d'Eglise qui sont facteurs de croissance, quels sont ceux dans lesquels notre communauté est dynamique et ceux sur lesquels il faudrait focaliser ses efforts. A la suite des échanges autour de ces cartes, le groupe remplit un schéma en forme de toile d'araignée qui visualise les forces et les marges de progression de l’Église locale.

Bref, deux outils qui pourraient être intéressants pour nos conseils presbytéraux et pour les groupes qui se forment dans notre Eglise autour d'envie de faire de l’évangélisation et d'être une Eglise de témoins.

Vous trouverez plus d'informations sur les nouvelles formes d'évangélisation dans un livre collectif édité par Jérome Cottin et Elisabeth Parmentier, à paraître chez Labor et Fides au premier trimestre 2015.

Claire Sixt Gateuille