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lundi 8 septembre 2014

La Ceeefe, pour quoi faire ?

Vous me répondrez peut-être par une autre question : La Ceeefe, quézaco ?

AG 2014 de la Ceeefe à Versailles (c) A. Antérion
La Ceeefe est une "Communauté d'Églises protestantes francophones à l'étranger", c'est à dire implantées dans des pays où le français n'est pas une langue officielle. Elle regroupe 35 Églises locales, présentes dans 16 pays, mais aussi - pour des raisons historiques et parfois de droit local des cultes - les Églises luthéro-réformées des DOM.

La Ceeefe tient son Assemblée générale chaque année le dernier week-end d'août chez les diaconesses de Reuilly à Versailles. C'est l'occasion de retrouver les uns et les autres, d'avoir des nouvelles, de partager les projets et les innovations, les difficultés et les joies, de faire appel à la solidarité des autres, de réfléchir ensemble sur telle ou telle problématique.

Bernard Antérion (c) CSG
Après 18 ans sous la présidence d'Yves Gounelle, la Ceeefe a depuis août 2013 un nouveau président en la personne de Bernard Antérion et quelques changement ont eu lieu dans le bureau. Qui dit nouvelle présidence dit souvent nouveau style ou nouvelles orientations. Le comité directeur de mars avait donc décidé que l'AG 2014 serait l'occasion de se poser la question "La Ceeefe, pour quoi faire ?". Grâce à deux temps d'animation, les présents ont pu dégager 4 objectifs : 
1. Être un réseau communautaire, de soutien, d’accompagnement, un regard extérieur offert aux Églises et aux pasteurs

2. Être une présence (protestante) d’expression francophone de la foi en Christ dans le monde

3. Valoriser le savoir-faire et l’expertise des Eglises membres en matière de diversité et de vivre-ensemble et l’offrir aux Églises francophones
4. Donner légitimité et crédibilité aux Églises membres dans les pays où elles sont implantées.

Je ne peux pas ici partager des nouvelles de toutes les Églises - le Bulletin annuel et le site de la Ceeefe sont là pour ça - mais voici quelques projets ou actions qui ont attirés mon attention :

De la mode au foot 
"Que m'apporte la Ceeefe ?" - animation (c) A. Antérion
Parmi les innovations mises en place pour faire connaitre l’Église francophone du lieu, deux initiatives originales nous ont été présentées : l’Église de Stockholm, installée dans un quartier d'affaires et d'artistes, a accueilli cette année un défilé de mode, de façon à se faire connaître et à marquer qu'elle est un lieu accueillant et ouvert. L’Église de Mayotte, quant à elle, a créé une équipe de football. La jeunesse de la population mahoraise et la popularité du foot sur l'île expliquent ce choix, l’Église de Mayotte étant très active, spirituellement et socialement, auprès des jeunes.

Formation et solidarité 
Les présidents de la FPF et de la Ceeefe (c) A.Antérion
L'Église du Maroc est actuellement très active sur deux fronts : former théologiquement les jeunes qui arrivent dans cette Église, principalement en provenance d'Afrique subsaharienne, et avoir une action diaconale auprès des migrants. Dans le premier domaine, elle a créé l'Institut Al-Mowafaqa, qui assure une formation à la théologie en alternance, les étudiants étant en stage dans l’Église du Maroc, et qui propose également une formation au dialogue inter-religieux islamo-chrétien sur 5 mois, de janvier à mai. Pour en savoir plus, cliquer ici. Concernant le deuxième domaine, le pasteur Amédro a évoqué, de façon sobre mais déjà marquante pour ceux qui l'écoutaient, quelques parcours de migrants et ce qu'ils pouvaient subir sur le trajet. Il a rappelé qu'il y a autant de morts à Gibraltar qu'à Lampedusa chaque année, même si les médias en parlent beaucoup moins.

Construire, c'est investir dans l'avenir
C'est en tout cas la conviction de deux Églises qui portent actuellement des projets immobiliers conséquents : Djibouti et La Réunion.
A Djibouti, le temple est en train d'être entièrement rénové, après des travaux importants sur d'autres locaux qui devraient accueillir d'ici peu, nous l'espérons, un centre de formation. Il manque malheureusement encore beaucoup d'argent pour finir les travaux. Mais l'équipe locale ne manque pas d'idées. Elle a prévu, entre autres, de "vendre" symboliquement des carreaux de la mosaïque qui recouvrira la façade du temple aux donateurs. A 6 € le carreau, à vous de voir si vous souhaitez vous associer à ce beau projet... Pour les français, un don à l'ordre de la Fondation du protestantisme ou du Défap, avec la mention Djibouti, permet de bénéficier de réductions fiscales. Pour en savoir plus sur le projet et l'avancée des travaux, cliquez ici.

Le projet immobilier de l’Église protestante de la Réunion
L’Église de la Réunion a elle aussi un projet de construction, celui d'un temple avec presbytère et salles pour l'action diaconale au Sud de l'île, nommé "Centre Martin Luther King", à St Pierre où la communauté protestante qui se réunit depuis plusieurs années souhaite désormais disposer d'un bâtiment adapté à ses besoins et à son engagement social. Ils recherchent encore 300 000 € pour boucler leur budget. Aussi l’Église de la Réunion invite tous les donateurs potentiels à devenir "Pierres vivantes" dans ce projet. Là aussi, il y a la possibilité de faire un don à travers la fondation du protestantisme, avec la mention "projet CMLK St Pierre de la Réunion".

Ces quelques échos sont très partiels et donc forcément partiaux. Pour plus d'information, vous pouvez visiter le site de la Ceeefe : http://www.eglises-protestantes-francophones.org/

Claire Sixt Gateuille

mercredi 2 avril 2014

Deuxième jour de la consultation en Finlande


Deuxième jour, deuxième coucher de soleil sur lac gelé

Aujourd’hui, les débats ont porté sur la mission et les défis de notre monde.
Martin Junge, secrétaire général de la Fédération luthérienne mondiale (FLM) a d’abord abordé la mission du point de vue de la FLM. Il a appelé à participer, avec la joie qui nous est « donnée en plus », à la Missio Dei tout en reconnaissant que nous sommes toujours à la fois justes et pécheurs (et que notre action missionnaire est donc toujours imparfaite). Il a également affirmé qu’une Eglise seule est une Eglise en danger (a church on its own is a church at risk). 

J’ai bien aimé son appel à passer au « Josiah Kibira 2.0 » : Josiah Kibira affirmait dans les années 70 : « Il n’y a pas d’Eglise si pauvre qu’elle n’ait rien à partager avec les autres, il n’y a pas d’Eglise si riche qu’elle n’ait rien à apprendre des autres ». Dans nos têtes, la pauvreté et la richesse résonnent en termes économiques : les Eglises du Nord sont riches et celles du Sud pauvres. Mais nous pouvons aussi parler en termes de dynamique d’Eglise, et alors les Eglises du Nord apparaissent comme les pauvres et celles du Sud comme les riches… Junge nous appelle donc à  ne pas nous figer dans une catégorie (« les riches » ou « les pauvres »), mais à pointer courageusement nos manquements et nos faiblesses et à reconnaître nos forces et nos capacités pour les partager avec d’autres.

Kiriaki Avtzi, secrétaire exécutive du programme Evangélisation du Conseil œcuménique des Eglises (COE), a fait une présentation, qui manquait d’incarnation à mon goût, sur les changements qui affectent la mission de l’Eglise. Elle a parlé de frontières étatiques mais aussi culturelles, « d’Eglise globalisée », de missions post-dénominationnelles, du besoin qu’ont les gens de la bonne nouvelle, de la patience nécessaire pour que Dieu travaille nos projets et nos réalisations. 

Nous avons ensuite un temps de travail sur « les défis pour la mission dans un monde qui change ». 4 grandes lignes sont dégagées à partir des réponses des Eglises aux deux questions qui leur avaient été envoyées fin 2013 :
1.       Education et formation (ministres et laïcs)
2.       Economie, y compris soutien pour le fonctionnement de base de l’Eglise
3.       Direction (leadership) et management
4.       Identité chrétienne et luthérienne. 
Entrée d'une banque à Helsinki (c) CSG

Un représentant d’une Eglise du Sud avoue franchement que comme il faut qu’il y ait un missionnaire sur place pour obtenir de l’argent de la part des missions occidentales, ils font parfois appel à un missionnaire dont ils n’ont pas vraiment besoin pour s’assurer les financements des projets qu’ils portent… Le mot « Empowerment » est revenu dans les discussions, c’est visiblement un concept important… 

Nous poursuivons cet après-midi avec un temps d’études bibliques, mais il est difficile de partager en si peu de temps, avec des origines et des contextes si différents, quelque chose de plus que nos premières impressions sur le texte…
Nous finissons la journée avec théâtre, chants et dans d’un groupe finlandais qui utilise le spectacle vivant comme un moyen d’évangélisation. Je prends contact avec un de ses membres pour notre projet musique.

Et ce soir, sauna ! 

Claire Sixt Gateuille